Tehpochtli, un projet de centre interculturel sur l’île d’Ometepe

Alors que je découvre de nombreux projets alternatifs en Europe depuis 3 ans (à travers SideWays), l’occasion de découvrir un projet aux valeurs similaires au Nicaragua m’a interpellé.

Tehpochtli, c’est le projet de Noé et Thomas, un couple de trentenaires argento-français qui se sont rencontrés sur l’île d’Ometepe il y a deux ans. Leur objectif : provoquer les échanges interculturels entre des personnes venues du monde entier et les habitants des environs.

Ils ont acheté un bout de terrain à Tichana, un village de 700 habitants situé à une extrémité de l’île d’Ometepe, de l’autre côté du volcan Maderas, loin de la présence des touristes et autres étrangers. Un seul bus s’y arrête, reliant Tichana à Altagracia en deux heures d’une route chaotique.

Le lieu en lui-même est semblable à un petit paradis : un terrain arboré, au pied d’un volcan, au bord d’un gigantesque lac d’eau douce, exposé plein sud, sous les tropiques, et surtout avec une faune impressionnante : singes, colibris, crapauds, etc. Il suffit de s’asseoir quelques minutes au bord de l’eau pour apercevoir plusieurs espèces d’oiseaux, parfois hautes en couleurs.

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Après deux ans d’aménagements, le lieu possède les infrastructures minimums pour y vivre simplement. Parmi les bâtiments déjà réalisés, une toute petite maison avec étage, une cuisine, des toilettes sèches et un abri pour les bénévoles et visiteurs.

La petite maison de Noé et Thomas
La petite maison de Noé et Thomas
Les toilettes sèches
Les toilettes sèches
L'abri pour les volontaires
L’abri pour les volontaires

Dormir protégé mais dehors, à quelques mètres de l’eau est magique.

Le tout a été réalisé essentiellement à partir de ressources locales : bouteilles en plastique garnies de déchets, terre et arbres coupés sur le terrain. Un soin particulier a été apporté aux détails, sculptures et décorations.

Détail d'un mur
Détail d’un mur

Le terrain a été aménagé avec des allées, une plateforme de détente près de l’eau, un coin douche entouré de bambous, un coin pour le compost et pour laver le linge. Plus d’une centaine d’arbres ont été plantés. Tout est rudimentaire, mais en même temps, tout le confort nécessaire est présent.

La gestion des déchets a été une question fondamentale, car il n’y a aucune organisation collective. Les déchets qui sont amenés sur le terrain y restent, tout doit donc trouver une utilité. Les matières organiques alimentent le compost, les bouteilles et mégots sont transformés en matériaux de construction et les sacs plastiques sont découpés en lamelles qui forment un fil avec lequel ont tricote des sacs.

Le début d'un grand sac tricoté avec des fils de sacs plastiques
Le début d’un grand sac tricoté avec des fils de sacs plastiques

La première étape d’installation est terminée. Un autre bâtiment d’accueil pour les volontaires est au programme, puis il s’agira de passer au centre en lui-même. Près de 6000€ sont nécessaires pour la construction et le matériel de travail. Cela se fera petit à petit grâce à l’appui des nombreux volontaires qui apportent leur force de travail, leurs compétences et leurs conseils. En attendant, les bénévoles motivés ont déjà commencé à proposer des activités pour les habitants du village : cours de langues étrangères, de guitare, participation aux construction, etc.

J’ai passé peu de temps à Tehpochtli, mais le projet m’a enthousiasmé. Thomas et Noé sont toujours partants pour accueillir des volontaires qui participent au projet et même s’installer durablement avec des objectifs communs.

Pour plus d’information, vous pouvez consulter la page de présentation du projet et leur écrire un mail : tehpochtli@gmail.com

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