De Ometepe à El Rama n°4 – San Juan de Nicaragua

Des chemins bétonnés et des maisons sur pilotis. San Juan de Nicaragua ne ressemble pas aux autres villes dans lesquelles je suis allée. Ancien comptoir anglais, lieu de passage à l’embouchure du río San Juan, séparé du reste du Nicaragua par des kilomètres de forêt vierge, San Juan de Nicaragua était destinée à avoir une histoire propre, détachée du reste du pays. J’ai rencontré par hasard un natif de la ville, Orlando, qui m’a raconté son histoire.

Avant la révolution sandiniste et la contre-révolution, le village était situé un peu plus au sud. Il était essentiellement peuplé d’afro-caribéens, descendants d’esclaves et de quelques blancs. Lors de la révolution, les gouverneurs sandinistes auraient été très répressifs, voire tortionnaires. Devant l’assentiment de la population vis à vis du pouvoir en place, ce dernier aurait bombardé le village. La guerre civile était vive…

… Orlando m’a raconté qu’il est parti avec les autres dans la montagne. Il se battait dans le rang des partisans de Somoza, le dicateur renversé, soutenu par les États-Unis. Des massacres, de la torture des deux côtés… Il s’agissait d’une guerre, une vraie. Après trois ans, réfugié dans la jungle, avec la faim, le froid, l’horreur, comme bon nombre de ses compagnons du village, il a « enlevé ses bottes » et s’est enfui au Costa Rica en traversant le fleuve à la nage.

Nombre d’entre eux restèrent de l’autre côté du rivage après la guerre. Ils s’étaient mariés, avaient refait leur vie. Orlando et d’autres sont revenus dans leur village natal en 1990, après le rétablissement de la paix. En arrivant, ils ont découvert des ruines et des cadavres qui jonchaient le sol. Ils ont alors décidé de recontruire village un peu plus au nord.
Aujourd’hui, la ville a bien changé. Le petit village de pêcheurs est devenu une ville de 1 800 habitants. Les natifs du pays sont devenus une « minorité » après l’arrivée de nombreux « blancs », des nicaraguayens venus du côté pacifique du Nicaragua. La région est stratégique d’un point de vue commercial : c’est à la fois un point de contact avec le Costa Rica et une région riche en ressources naturelles (bois, coco, minerais). À cela s’ajoute l’attrait touristique apporté par la réserve naturelle qui entoure la ville. Elle abrite une faune et une flore étonnantes : toucans, perroquets mais aussi jaguars et pumas !

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Un article de François du site Tourdumondiste.com raconte la descente du fleuve jusqu’à San Juan del Norte, en passant par El Castillo : lire l’article.

 

Quelques images

Des maisons sur pilotis de San Juan de Nicaragua

Maison sur pilotis - San Juan de Nicaragua - Hélène Legay - octobre 2009

Maison sur pilotis - San Juan de Nicaragua - Hélène Legay - octobre 2009

Maison sur pilotis - San Juan de Nicaragua - Hélène Legay - octobre 2009

La faune et la flore lors d’une toute petite balade dans la réserve Indio Maiz

Faune de San Juan de Nicaragua (Réserve Indio-Maiz), octobre 2009 - Photo Hélène Legay

Faune de San Juan de Nicaragua (Réserve Indio-Maiz), octobre 2009 - Photo Hélène Legay

Flore de San Juan de Nicaragua (Réserve Indio-Maiz), octobre 2009 - Photo Hélène Legay

 

Photos : Hélène Legay – San Juan de Nicaragua – Octobre 2009

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