Le tourisme communautaire

Le tourisme communautaire est une réponse intéressante aux problèmes posés par le tourisme traditionnel.

 

Qu’est-ce que le tourisme communautaire :

– un lieu d’accueil des touristes qui appartient à une communauté de paysans dont le tourisme est une source de revenus complémentaires

– une manière de rencontrer des habitants du pays visité

 

Un livre dessiné explique aux Nicaraguayens les mythes du tourisme traditionnel et présente les avantages du tourisme communautaire.

Je vous apporte ici une traduction résumée :

Les légendes du tourisme

Premier mythe : le tourisme créé du travail
Le tourisme est considéré comme un grand créateur de travail mais au départ, le travail créé par le tourisme nécessite peu de qualification. Ce travail peu qualifié se caractérise par de bas salaires et des contrats temporaires. Il s’agit d’un travail précaire.

Second mythe : le tourisme lance de nouvelles activités
La création d’emplois dans le tourisme passe la plupart du temps par l’abandon des secteurs traditionnels de l’économie comme l’agriculture et la pêche.

Troisième mythe : le tourisme modernise les infrastructures locales
Les infrastructures locales que le tourisme modernise ou construit dépendent des priorités des entreprises et ne sont pas liées aux nécessitées locales.

Quatrième mythe : le tourisme donne plus de valeurs aux ressources locales
Le tourisme participe à l’augmentation du prix de certaines terres dans les communautés mais il peut également entraîner une augmentation des prix et du coût de la vie.

Cinquième mythe : le tourisme équilibre la balance des paiements
Il est dit que le tourisme rapporte de l’argent au pays mais la majeure partie de l’argent gagné reste dans les mains de compagnies étrangères.

Sixième mythe : le tourisme préserve l’environnement
Les lieux du tourisme de masse génèrent d’énormes quantités de déchets et d’émissions de gaz à effet de serre qui participent à la détérioration de la qualité de l’air et de l’eau.

Septième mythe : le tourisme favorise les échanges interculturels
Nous pensons souvent que le tourisme aide à une meilleure connaissance entre les différents pays. La réalité est que les touristes possèdent des idées préconçues des coutumes et des habitants du pays qu’ils vont visiter. Ces idées sont difficiles à changer, d’autant plus que les tour-opérateurs s’adaptent à des idées préconçues.

Huitième mythe : le tourisme est la clé du développement
Quand le tourisme devient le moteur de l’économie d’un pays, ce dernier peut devenir bien trop dépendant des prix du marché international.

Neuvième mythe : le tourisme réduit la pauvreté
Le tourisme peut contribuer au développement d’une région ou avoir des impacts hautement négatifs, mais dans l’histoire, le tourisme a eu tendance à provoquer plus de problèmes que de solutions, en particulier sur les populations les plus vulnérables et sur les écosystèmes.

Propositions

Face aux impacts négatifs provoqués par des formes spécifiques de développement touristique, nous proposons un type de tourisme à taille humaine, établi dans les zones rurales et sur lequel la population locale, à travers de ses propres structures organisées, exerce un rôle significatif dans son contrôle et sa gestion.
Face aux impacts négatifs provoqués par des formes spécifiques de développement touristique, nous pensons qu’il faut résister à la vente et à la privatisation de nos territoires et de notre patrimoine. Les communautés ont le droit de dire non au tourisme si elles le décident.

En même temps, et si les gens le souhaitent, certaines formes de développement touristique peuvent diversifier et être complémentaire de l’économie locale. Le tourisme communautaire est peut-être la meilleure manière de mettre en marche des activités touristiques dans les communautés rurales.

Cela signifie :
– un tourisme géré dans les communautés rurales par des familles paysannes, par des coopératives agricoles, par des peuples indigènes.
– un tourisme complémentaire aux activités productives traditionnelles comme l’agriculture et la pêche, qui ne se substitue pas mais fait partie d’une stratégie de diversification économique.
– un tourisme à taille humaine dans lequel la population locale, à travers des structures organisées, exerce un pouvoir sur son contrôle et sa gestion.
– un tourisme qui renforce les instruments d’organisation collective
– un tourisme qui contribue à la préservation de la propriété des ressources essentielles, comme l’eau et la terre par exemple, dans les mains des communautés rurales et qui peut faire partie d’une stratégie de résistance face à la pression des mégaprojets touristiques et immobiliers qui tentent de s’installer dans les meilleurs endroits du territoire.
– un tourisme qui a une volonté de distribution équitable des bénéfices.
Le tourisme communautaire commence à devenir réalité en Amérique Latine. Les peuples indigènes et les organisations paysannes de différentes parties de l’Amérique Latine ont essayé de donner forme à cette proposition.
Dans ce but, ils ont publié la « Déclaration d’Otavalo du tourisme communautaire, durable, compétitif et avec une identité » (septembre 2001) et la « Déclaration de San José sur le tourisme rural et communautaire » (octobre 2003)

À travers ces déclarations, les organisations de peuples indigènes et les communautés rurales signataires ont exprimé le désir que le tourisme puisse apporter des améliorations à leurs conditions de vie et de travail, à condition que cela soit une activité « socialement solidaire, responsable écologiquement, culturellement enrichissante, économiquement viable ». Et cela passe, entre autres, par une juste distribution des bénéfices. Le tourisme communautaire implique l’autogestion de l’activité touristique, de manière à ce que la communauté assume le contrôle de tous les processus : planification, opérationnel, supervision et développement free project planner. Il affirme ainsi de nouveau la revendication du droit à la propriété et à l’usage des terres et des territoires dans les mains des communautés et des peuples indigènes.

« Nous considérons qu’en commençant quelque activité économique et le tourisme en particulier, il est important d’adopter une politique de planification et de gestion durable des ressources naturelles. Nous souhaitons être prudent lorsque nous construisons de nouvelles infrastructures ou nous développons les installations existantes. Nous refusons de vendre ou de céder en concession nos terres à des personnes qui ne sont pas de la communauté. Nous désapprouvons toutes décisions qui contreviennent à ce principe » (Déclaration de San José)

Le tourisme communautaire peut lancer et établir des alliances avec des entreprises nationales, petites ou moyennes, afin de créer une offre touristique économiquement durable.

Faisons nos propositions et rejoignons les réseaux de tourisme rural et communautaire.

 

Extraits traduits de « El turismo y sus mitos » par la Fondacion Luciernaga – Accion por un turismo sostenible, 2007, Managua, Nicaragua. Textes de Jordi Gascon & Ernest Cañada.

 

 

 

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